Salade Boulgour

LA CUISINE PLAISIR AU QUOTIDIEN

Maman de deux enfants, auto-entrepreneuse et étant très occupée (comme la plupart des mamans), on me demande souvent comment je fais pour me libérer du temps pour préparer de bons petits plats.

Le stock de provisions

Avoir en permanence beaucoup de légumes à disposition est essentiel. Qu’ils proviennent de mon jardin, du petit primeur du coin ou du marché, je m’assure qu’il y ait des éléments à travailler.

Sans cela, on tombe dans le piège de la facilité à aller chercher à manger au restaurant chinois du coin. Ceci étant, ce n’est pas une catastrophe non plus. A dire vrai, cela peut dépanner de temps en temps, mais pas tous les soirs à longueur d’année.

Je m’approvisionne en légumes une fois par semaine. Généralement, je prends beaucoup de légumes. Mon challenge est alors de tout utiliser dans la semaine. Je m’assure d’avoir toujours à disposition un stock de céréales, de légumineuses, d’épices et de condiments. Le principe est d’avoir constamment des placards et un congélateur bien plein pour être apte, à posteriori, à cuisiner en fonction du temps que l’on a.

De plus, je suis toujours en train d’anticiper sur la préparation de mes dîners. Effectivement, je divise beaucoup la préparation des repas en sous étapes que je peux faire à l’avance. Par exemple : la veille, je peux préparer la sauce et les légumes et le jour même, il ne me reste plus qu’à assembler et à cuire.

Je peux aussi nettoyer les légumes le matin pour le soir, une fois propres, les légumes se conservent plus longtemps au frigo. J’utilise les herbes aromatiques de mon potager, je n’ai plus qu’à les cueillir, les nettoyer et les ciseler pour m’en servir. Pour ceux qui n’ont pas de jardin, il est très facile de faire pousser du basilic, de la menthe ou encore de la ciboulette au bord de sa fenêtre.

L’organisation des dîners

Je peux planifier mes repas de façon formelle, c’est à dire que je note sur un papier ce que je vais faire et quand. Je peux aussi le faire dans ma tête, c’est à dire que je sais ce que j’ai sous la main et les menus vont en découler.

Je sais, par exemple, qu’un soir, je vais être toute seule avec les enfants. J’aurais peut être besoin d’une marinade que je préparerai le matin pour le dîner. Le soir dès que j’arrive je vais allumer le four avant tout.

Bref, je compose dans ma tête mais une préparation sur papier peut être plus facile pour commencer. La planification des repas est incontournable. Si vous souhaitez vous organiser, passer le moins de temps possible et réussir  dans votre cuisine cette étape est inévitable.

Avoir des enfants rajoute une difficulté supplémentaire en terme d’urgence des repas et également de temps. Quand on a des enfants, on ne peut pas terminer son travail à 19h30 et manger à 21h30. On ne peut pas se dire qu’il n’y a pas d’importance. Si on a des enfants entre 1 et 4 ans, ils ne patienteront pas jusqu’à 21h30. Si vous l’avez testé, vous avez pu constater que c’est un combat de les faire manger tard. A 19h30, se demander ce que vous avez dans votre frigo et quinze minutes plus tard, passer à table, cela me paraît être une fiction. Il faut véritablement y avoir réfléchi avant. Ne serait ce que de se demander en amont ce qu’il faut avoir acheté pour les besoins de la semaine.

Pas de repas élaborés au quotidien

Quelquefois, mon dîner se compose juste de légumes et un peu de protéines qui ont été cuits. Occasionnellement, je complète par des glucides (pommes de terre, riz ou pâtes) pour que ce soit équilibré. Cependant, je ne suis pas, automatiquement, une recette de cuisine tous les jours. Ce n’est pas cela cuisiner.

Pour moi, cuisiner c’est juste préparer des aliments pour pouvoir les manger. Cuire des betteraves à la vapeur et les arroser d’un filet d’huile de noix, c’est cuisiner. Vous ne devez pas vous infliger de faire comme au restaurant tous les soirs. Il est indispensable de ne pas mettre la barre trop haute, cela risquerait de vous décourager. Il faut retrouver le goût des choses simples.

Les veloutés de légumes, par exemple, sont un gain de temps et d’une facilité à toute épreuve. Vous pouvez couper les légumes au préalable et les garder au frigo. Certes, il y a une petite perte de nutriments quand les légumes sont coupés à l’avance. Cependant, il y en a quand même moins que de ne pas avoir mangé de légumes du tout. Une fois dans la cocotte, je rajoute un bouillon de légumes, je porte à ébullition et je cuits. Pendant ce temps je peux donner le bain aux enfants ou faire autre chose. 25 minutes plus tard les légumes sont prêts à être mixés et la dégustation s’en suit!

Vous pouvez aussi en préparer en grande quantité et la placer par portion dans votre congélateur. Cela permet d’en avoir toujours sous la main. Si je mettais la barre trop haute, je me dirais que je fais beaucoup trop souvent de veloutés. Mais si on aime, que ça marche et que c’est pratique pourquoi changer ?

Ce n’est pas la peine de faire des folies au niveau de la complexité et de la créativité au quotidien. Ce n’est pas réaliste, cela risque de vous démotiver et vous n’aurez plus envie de faire quoique ce soit.

Je n’ai pas le temps

Indubitablement, en travaillant de chez moi, je suis dans une posture un peu plus avantageuse qu’une grande majorité des mamans (ou des papas). Il est possible pour moi, dans la journée, de m’attribuer 10 minutes pour préparer une pâte pour le repas du soir. Quand on travaille en dehors de chez soi, il faut s’organiser autrement. Il faut connaître ses priorités.

Le soir, si on regarde la télévision pendant 2h30, c’est du temps que l’on  a choisi de prendre dans sa journée pour le faire. Personnellement, cela ne me paraît pas une activité très enrichissante. Si sur ces 2h30 je prends une demi heure pour préparer quelques éléments pour le dîner du lendemain, c’est toujours cela de gagné.

Certes, le soir on est fatigué et on préfèrerait être assis devant la télévision. Mais, si le lendemain on a quelques éléments qui peuvent déjà permettre d’avancer dans la préparation du diner, c’est plutôt rassurant. Nous n’avons plus qu’à assembler, mettre au four. Le temps d’aller aider aux devoirs des enfants, donner le bain ou juste se détendre et le repas est prêt. On est alors plus détendu le reste de la soirée.

Il faut regarder pour quoi on met son temps à profit. Par exemple, j’emmène mes enfants à une activité extérieure, est ce que je trouve cela plus important qu’ils fassent cette activité et qu’après ils mangent des surgelés ou est ce que je préfère qu’ils jouent dans leur chambre et pendant ce temps je prépare le diner ? Un choix n’est pas meilleur qu’un autre. Il faut se dire, dans quoi est ce que je choisis d’investir le temps dont j’aurais besoin et être sure de connaître ses priorités et ses valeurs.

Origine et qualité des produits

Nous donnons notre avis avec notre argent. Lorsque j’en dépense dans un grand magasin cela signifie que je demande plus de grand magasin. Lorsque j’en dépense dans un produit industriel cela signifie que je demande plus de produits industriels.

Inversement, l’argent que je dépense en achetant à un producteur sur un marché signifie que je veux plus de petits producteurs, de marché et des produits artisanaux de qualité. Cela veut dire aussi que je soutiens ceux qui y mettent du cœur, qui respectent leurs terres et plus généralement la planète.

Les choix que nous faisons ont un sens et vont au delà de ce que nous choisissons de manger. C’est une façon de donner notre avis pour l’avenir de notre pays et de la planète. Prendre le temps et faire l’effort de chercher des circuits courts près de chez sois est une bonne méthode. On se rend compte, alors, que cela ne coûte pas beaucoup plus cher que d’acheter des produits industriels ou dans les grands magasins. En revanche, cela demande un investissement de temps parce qu’il faut se renseigner. Parfois, il est vrai que ce n’est pas le plus pratique.

Acheter des produits de qualité artisanaux, commercialisés à petite échelle est largement meilleur en goût qu’un produit industriel et commercialisé en grande quantité. Ces produits sont transportés par des camions réfrigérés sur des dizaines de milliers de kilomètres. Nous n’avons pas besoin de cuisiner très élaboré quand on a des ingrédients de base qui sont très bons.

Revenons à nos betteraves à la vapeur avec un peu d’huile de noix. Si on prend des betteraves en grande surface et une mauvaise huile de noix cela ne sera pas bon. Il est préférable de prendre les petites betteraves du maraicher et une bonne huile de noix auprès d’un producteur. 15 minutes de cuisson au cuit vapeur (coupée en petits morceaux) et en quelques minutes on obtient un plat de légumes qui est véritablement délicieux.

Travailler avec des produits qui ont du goût facilite la vie en cuisine, tout simplement. Il faut aussi le faire avec soin, avec cœur et avec amour bien sûr. Faire avec ses moyens et ses possibilités vers un petit peu plus d’artisanal, de petits producteurs, de produits frais, de saison, de circuit court.

Il ne s’agit pas de tout révolutionner au quotidien. Si vous faites toutes vos  courses en grandes surfaces, vous pouvez commencer par trouver un petit producteur. Faire un tour au marché avec les enfants est vraiment un moment agréable. Il ne faut pas essayer de tout bouleverser du jour au lendemain mais juste faire un petit effort pour aller dans ce sens là.

Heureuse d’aller au marché

Les produits du marché ont vraiment du goût. D’une manière générale, on en mange moins : privilégions la qualité à la quantité. Pour les personnes qui désirent des portions plutôt raisonnables, c’est un avantage. Lorsqu’on a une excellente viande ou des pâtes artisanales, il n’est pas indispensable d’en prendre beaucoup parce que c’est très exquis et très délicat. On apprécie de prendre le temps de savourer son morceau en bouche.

Il faut arriver à trouver un aspect, dans la cuisine, qui vous plaise. Si vous pensez ne pas aimer cuisiner, si cela vous embarrasse, que vous trouvez cela vraiment compliqué, si cela est un calvaire, à chaque fois, de le faire il sera difficile à mettre en place au quotidien. Il faut vous demander qu’est ce que vous aimez manger, apprenez à cuisiner cela et le reste suivra.

On peut manger tout ce que l’on veut du moment qu’on le fait soi-même. Par exemple, vous adorez les hamburgers, il n’y a pas de problème, vous pouvez en manger  mais à condition de les faire vous-même. Ne faite pas nécessairement le pain mais procurez-vous votre fromage, votre viande, vos tomates, assemblez votre propre hamburger et vous pouvez le manger sans aucun problème, avec bonheur et avec plaisir. Apprenez à cuisiner les choses que vous aimez manger.